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lundi 10 août 2015

Disque "Un hommage à JS Bach"

"Un hommage à JS Bach "Disque "Un hommage à JS Bach" Orgue Callinet -Riepp de la basilique de Gray Œuvres de APF Boëly, J Brahms, F Mendelssohn Éditions JFPRODUCTION

mercredi 22 décembre 2010

La Symphonie Eucharistique d'Auguste Fauchard

Couverture du disque Fauchard Auguste Fauchard (1881-1957) 4e Symphonie « Eucharistique » Emmanuel Hocdé, orgue Cavaillé-Coll de Saint-Sulpice (Paris)

Première mondiale

Disciple de Louis Vierne, influencé par Charles-Marie Widor et Marcel Dupré, Auguste Fauchard livre avec la Symphonie eucharistique une partition magnifiquement charpentée, où l'unité le dispute à l'inspiration. La puissante personnalité du chanoine Fauchard transcende là de manière évidente ses modèles ; l’élégance de l’écriture, souvent suave, parfois sensuelle, le raffinement des timbres – véritable orchestration –, font de ce monument sonore un chef d’œuvre de la littérature pour orgue du XXe siècle.

Emmanuel Hocdé est le dernier organiste français à avoir obtenu le grand prix d’interprétation du concours international d’orgue de Chartres, en 2002.

L’œuvre est suivie d’un document d’archive exceptionnel : le discours de la remise de la légion d’honneur au Chanoine Fauchard par Marcel Dupré, et l’extraordinaire réponse du grand musicien lavallois qui, le 5 juin 1953, nous plonge au cœur de l’histoire de l’orgue.

Ce disque a obtenu un Léon d’Or de Contre-Bombarde (octobre 2010)

« L’organiste mayennais Emmanuel Hocdé, dont le premier professeur fut le père Henri Rouschausse, lui-même élève du chanoine Fauchard, donne toute sa mesure dans cette vaste fresque symphonique, dont l’exécution est si difficile. Sa science de coloriste, sa magnifique technique, si pure et si sûre, portent l’œuvre encore inconnue hier. À l’écoute de ce CD, une question jaillit. Pourquoi une telle œuvre n’a-t-elle pas connu immédiatement la consécration ? Elle est un monument de l’histoire de la musique française et de celle de l’église. »

Thierry Adhumeau

Réalisé avec le soutien de l’Association Boëllmann-Gigout, de l’Adami, du Fonds pour la Création Musical et de la SCPP.

Réf Hortus78 - Durée totale : 76’55 - Sortie nationale : 13 octobre 2010 Distribution Codaex - Contact presse : Didier Maes 06 60 69 36 01 Code Barre 3 487 720 000 782

Critique Diapason de janvier 2011

"Emmanuel Hocdé tient les fils de l'oeuvre avec science, habileté et engagement...L'obscurité dans laquelle demeurait l'oeuvre d'Auguste Fauchard était une injustice manifeste: il fallait y mettre fin...Merci donc à l'association Boëllmann-Gigout d'avoir pris l'initiative de cette entreprise, et bravo à Emmanuel Hocdé." Paul de Louit.

FFAO du 18 février 2011:

Né en 1881 à Laval, avant d’y être ordonné prêtre en 1903 et de devenir le titulaire du Grand-orgue de la Cathédrale en 1926, le chanoine Fauchard fut l’élève de Louis Vierne et auditeur de la classe d’orgue de Guilmant au Conservatoire de Paris. Il revint à la Schola Cantorum en 1926 pour parfaire sa formation auprès de Louis Vierne et de Vincent d’Indy. Auteur de quatre symphonies pour orgue, A Fauchard était connu des générations actuelles uniquement par une courte notice du Guide de la musique d’orgue de G Cantagrel. Cet enregistrement fait découvrir la quatrième symphonie, quatre méditations sur l’Eucharistie qui exploitent toutes les ressources extatiques ou majestueuses de l’orgue symphonique dans la veine de Vierne, Widor et Dupré. Il fallait le Grand-Orgue de Saint-Sulpice, sous les doigts d’Emmanuel Hocdé pour faire revivre dans toute sa splendeur cette musique. Félicitations à l’artiste et à l’association Boëllmann-Gigout* qui ont porté ce projet. L’association a publié la partition de la symphonie et les souvenirs du chanoine. Le disque se termine sur le discours prononcé par Marcel Dupré pour la remise de la légion d’honneur à A Fauchard (1953) : un document touchant (on y ressent l’émotion de l’orateur) et instructif sur les civilités d’époque. Il est souhaitable que le projet de publication de l’ensemble de l’œuvre du chanoine Fauchard puisse aller à son terme.

vendredi 10 décembre 2010

CD D'un coeur qui t'aime

Disque pour choeur et orgue.

Enregistré à l'Abbaye de Royaumont les 19, 20 et 21 mars 2010.

Oeuvres de Charles Gounod, Camille Saint-Saëns, Gioachino Rossini, et Charles-Marie Widor.

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mardi 2 septembre 2008

CD Esprit Romantique

PRESENTATION

Pochette

Au XIXe siècle, forts d’une certaine émancipation initiée par Mozart et Beethoven (entre autres), les grands compositeurs, souvent virtuoses et chefs d’orchestre, n’ont plus à dépendre d’un employeur unique et encore moins d’une autorité ecclésiastique, comme le furent les grands maîtres de la Renaissance et de l’époque baroque, voire ceux de la fin du XVIIIe siècle.

Leurs compositions sur des textes sacrés, moins liées à la liturgie, sont souvent d’inspiration plus personnelle que celles du passé et reflètent la vision d’une vie spirituelle plus intime.

L’album « Esprit Romantique » enregistré par le Chœur de chambre Les Temperamens Variations et Emmanuel Hocdé présente cette face plus secrète de l’œuvre de compositeurs universellement connus pour leurs œuvres instrumentales et symphoniques comme Brahms, Liszt, Mendelssohn et Bruckner. En complément, Reger et Rheinberger représentent cette catégorie de compositeurs encore liés à des fonctions de maître de chapelle ou d’organiste.

Comme ce fut très souvent le cas dans l’Allemagne romantique, les œuvres pour orgue renvoient de manière plus ou moins explicite à la figure de Jean-Sébastien Bach, remis à l’honneur par Mendelssohn dès 1829, par son exécution de la Passion selon Saint Matthieu.

L’enregistrement de cet album s’est déroulé les 30 juin et 1er juillet 2007 à Sainte Marie d’Antony (pièces a cappella et avec orgue) et le 7 juillet 2007 à Notre Dame d’Auteuil (pièces d’orgue solo).

La prise de son et le montage ont été effectués par Michel Coquet.

Pour les pièces avec choeur, Georges Bessonnet a été le directeur artistique de l’enregistrement, Thibault Lam Quang celui du montage.

Pour les pièces d’orgue solo, Thibault Lam Quang a été le directeur artistique de l’enregistrement, Emmanuel Hocdé celui du montage. Thierry Adhumeau et Gilles Bruneau ont été les tireurs de jeux, qu’ils soient ici remerciés, ainsi que le Père Chatillon, curé de Notre-Dame d’Auteuil.

LES ORGUES

POUR LES OEUVRES D'ORGUE SOLO

Orgue Cavaillé-Coll (1855) – Beuchet-Debierre (1937) Notre-Dame d’Auteuil Paris 16e Curé de l’église : Père Chatillon

Tireurs de jeux pour l’enregistrement : Thierry Adhumeau et Gilles Bruneau Directeur artistique de l’enregistrement : Thibault Lam Quang

3 claviers de 56 notes et pédaliers de 32 notes. Transmissions électriques. 53 jeux (49 réels)

Grand-Orgue Positif expressif Récit expressif Pédale

Montre 16’ Bourdon 16’ Montre 8’ Salicional 8’ Flûte harmonique 8’ Bourdon 8’ Prestant 4’ Flûte douce 4’ Doublette 2’ Cornet V rgs Fourniture IV rgs Cymbale IV rgs Bombarde 16’ Trompette 8’ Clairon 4’ Bourdon 8’ Principal 8' Flûte creuse 8’ Flûte 4’ Quinte 2’ 2/3 Quarte 2’ Tierce 1’ 2/3 Larigot 1’ 2/3 Fourniture IV rgs Cymbale IV rgs Trompette 8’ Cromorne 8’ Clairon 4’ Quintaton 16’ Cor de nuit 8’ Gambe 8’ Voix céleste 8’ Flûte traversière 8’ Flûte octaviante 4’ Nasard 2’ 2/3 Octavin 2’ Fourniture IV rgs Bombarde 16’ Trompette harmonique 8’ Basson-Hautbois 8’ Voix humaine 8’ Clairon 4’ Soubasse 32’ Soubasse 16’ Basse 8’ Flûte 16’ Flûte 8’ Flûte 4’ Principal 8’ Bombarde 16’ Trompette 8’ Clairon 4’

Accouplements : Pos./G.O., Réc./Pos. Tirasses : G.O., Pos. Réc. . Trémolo. Six combinaisons fixes. Huit combinaisons ajustables. Appel et renvoi des anches aux trois claviers et au pédalier. Tutti

POUR LES AUTRES OEUVRES

François Delangue - (1994) Orgue de Sainte Marie d’Antony En 1994, la chapelle a été dotée d'un orgue majestueux du au facteur François Delangue de Metz. Béni par Monseigneur François Favreau, évêque émérite du diocèse de Nanterre, le7 décembre 1994, il a été inauguré par Georges Bessonnet, titulaire, et par plusieurs organistes de renom :Jean Guillou, Olivier Latry, François-Henri Houbart et Pierre Pincemaille. De conception musicale et technologique particulièrement moderne, il est l'un des plus beaux fleurons des orgues contemporains. Sa construction a duré neuf mois. Riche de 3 050 tuyaux, répartis en 43 jeux sur 3 claviers de 61 notes et 1 pédalier de 32 notes, de 24 clochettes et 19 chanoines, il est équipé d'un système d'assistance électronique.

LES COMPOSITEURS ET LES OEUVRES

Franz Liszt (1811-1886)

Figure emblématique du piano, mais aussi grand symphoniste, les attirances mystiques de Liszt sont bien connues des mélomanes, de sa première crise mystique de 1827 aux ordres mineurs qu’il reçoit en 1865.

Parmi les œuvres vocales d’inspiration religieuse de « l’abbé Liszt » ont connaît surtout ses grandes compositions comme la Messe solennelle de Gran, Psaume XIII, l'oratorio Christus, la messe Missa choralis, la Messe hongroise du couronnement et le Requiem. Peu d’auditeurs, en revanche, ont accès à ses œuvres plus intimes, à l’instar de ses pièces tardives pour le piano, comme la Via Crucis pour chœur de chambre et harmonium ou piano, ou ses motets a cappella pour voix d’hommes ou voix mixtes, comme les sublimes Ave verum corpus et O salutaris hostia, qui datent respectivement de 1871 et 1869.

A peine plus connue du grand public les œuvres de Liszt pour l’orgue sont pourtant considérées comme étant tout à fait remarquables et d’un apport réel dans le répertoire de cet instrument. Le Prélude et fugue sur B.A.C.H. (si bémol, la, do, si bécarre selon l’appellation germanique) sont une révérence on ne peut plus explicite au grand Jean-Sébastien BACH. Les deux vesions de cette œuvre datent respectivement de 1855 et 1870.

Anton Bruckner (1824-1896)

De ce musicien autrichien qui admira Wagner et qui s’attira la reconnaissance de Mahler, le grand chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler a dit qu’il était « un mystique gothique égaré par erreur au XIXème siècle ». Très connu pour ses symphonies, Bruckner était aussi un musicien mystique qui su, à l’époque romantique, renouer avec l’art vocal de la Renaissance. Son grand biographe Ernst Kruth avait ainsi jugé que « sa véritable situation historique, cette aspiration qui, du mysticisme médiéval, l’élève aux sommets de la sensibilité romantique, n’apparaît nulle part plus nettement que dans sa musique d’église ». Le Locus iste (1869), et le Christus factus est (1884), font partie des plus beaux motets de Bruckner, et malgré leur relative brièveté, ils nous mènent vers des sommets vocaux qui sont bien les pendants des flèches gothiques ré-interprètées par la sensibilité romantique.

Max Reger (1873-1916)

Max Reger fait partie des compositeurs allemands du tournant du XXème siècle qui, comme Ferrucio Busoni, Hans Pfitzner, Alexander von Zemlinsky ou Franz Schrecker, sont aujourd’hui éclipsés par Mahler, Schoenberg et Strauss. Très actif comme compositeur, pianiste et organiste, il succéda à Rheinberger à l’Akademie der Tonkunst de Munich. Bien qu’il ait produit des œuvres significatives dans les domaines de la musique de chambre, du lied, de la musique chorale et symphonique, c’est grâce à ses œuvres pour orgue que Reger doit d’être passé à la postérité. Son imposante Introduction et Passacaille en ré mineur date de 1899. Parmi ses œuvres chorales, le recueil des Acht Geistliche Gesänge (Huit chants spirituels) Op. 138 contient des pages particulièrement émouvantes comme le motet pour double-chœur Der Mensch lebt und bestehet nur eine kleine Zeit, composé en 1914.

Joseph Gabriel Rheinberger (1839-1901)

Pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, Rheinberger était une figure importante de stature européenne. Très demandé en tant que professeur de composition, et estimé en tant que compositeur, ce professeur du Conservatoire de Munich et Kapellmeister à la cour bavaroise a marqué une génération entière de musiciens. Le fait que la plupart de ses compositions n’aient plus été exécutées après sa mort tient au changement de l’orientation esthétique au tournant du siècle – Rheinberger était très attaché aux idéaux conservateurs et classiques également défendus par Brahms- et au fait que ce compositeur n’ait jamais donné beaucoup de publicité à ses propres travaux. S’il a laissé quelques pièces symphoniques et deux opéras, c’est bien pour sa contribution au répertoire choral sacré et à celui de l’orgue, son instrument (vingt sonates et de la musique de chambre avec violon et violoncelle), qu’il est aujourd’hui sorti de l’oubli. Il a été l’un des professeurs du célèbre chef d’orchestre et compositeur Wilhelm Furtwängler. Abdenlied est le troisième volet (avec Morgenlied, Hymnus) de la trilogie opus 69. Sa composition remonte à 1855.

Félix Mendelssohn (1809-1847)

Ce grand musicien allemand qui ressuscita la Passion selon Saint-Matthieu de Bach fut un enfant prodige acclamé dans toute l’Europe comme pianiste, chef d’orchestre et compositeur brillant. Paradoxalement, c’est plutôt pour sa musique religieuse qu’il est redécouvert depuis quelques temps, avec notamment les grands psaumes avec solistes, chœurs et orchestre. Enfin, le regain d’intérêt actuel pour le chant choral a cappella nous a fait connaître un répertoire somptueux dans lequel Mendelssohn se montre l’égal des plus grands compositeurs.

Le motet à huit voix, Am Charfreitage fait partie des Sechs Sprüche Op.79 (six maximes), et montre de manière brève une singulière capacité à combiner concentration émotionnelle et équilibre d’une rare élégance.

Johannes Brahms (1833-1897)

Grand héritier des classiques et romantiques allemands, Brahms continua l’œuvre de Beethoven, Schubert, Schumann dans les domaines symphoniques, instrumentaux et vocaux. Il participa également à la redécouverte des maîtres anciens comme Palestrina et Schütz, et on lui doit une édition des œuvres pour clavier de François Couperin. Il n’est donc pas étonnant que ce soit pour la voix que cet allemand du nord installé à Vienne dès 1862 ait le plus écrit. En effet, malgré les chefs d’œuvres de musique instrumentale qu’il nous a laissé – tant symphoniques, que pour instruments solistes ou en musique de chambre - les lieder et la musique chorale occupent quantitativement les premières places dans sa production. Et si ses activités de pianiste sont bien connues, il faut se rappeler que Brahms exerça longtemps le métier de chef de chœur, tant à Hambourg qu’à Vienne. Ce qui frappe d’ailleurs, chez ce compositeur, c’est sa capacité à fusionner une inspiration personnelle, romantique, avec des textes et des genres sacrés, intemporels. Tout amateur de lieder a en tête les Vier ernste gesänge (Les quatre chants sérieux), mais sait-il qu’il s’agit là de textes sacrés ?

Conscient de l’écrasant héritage musical dont il était l’un des principaux dépositaires, c’est évidemment la mémoire de Jean-Sébastien Bach et l’héritage luthérien qu’il a honoré dans son œuvre pour orgue, relativement méconnue et tout particulièrement dans le Prélude de choral « Herzlich tut mich verlangen ». Il fût composé en 1896 quelques mois avant sa mort, et avec les dix autres Préludes de Choral, Brahms y fait ses adieux au monde et à la composition. Le texte du choral qui sert de base à cette oeuvre instrumentale est sur ce point tout à fait édifiant : « De tout cœur j’aspire à une fin paisible, car ici je suis prisonnier au milieu des tristesses et des malheurs. Je désire quitter ce monde hostile, je languis des joies éternelles. Ô Jésus, ne tarde pas à venir !).

La Missa canonica telle qu’on la publia sous ce titre en 1984 ( !) est en réalité la réunion d’une messe inachevée (Sanctus-Benedictus et Agnus Dei à 5 voix) et du Kyrie en sol mineur à 4 voix. Cette musique, composée en 1856, comme le Geistliches Lied, fût réemployée vingt ans plus tard par Brahms pour ses Motets Op.74. Le compositeur y fait un large usage de sa technique préférée, le canon, d’où son titre Missa canonica.

Considéré comme la plus ancienne œuvre chorale conservée de Brahms, le Geistliches Lied fut composé en 1856 à Düsseldorf et publié en 1864 au titre de l’opus 30. De facture très stricte, son austérité et son recueillement engendrent une grande émotion qui vient à la fois du texte – une Ode de Paul Flemming (1609-1640) exprimant la confiance en Dieu au milieu des malheurs de la Guerre de Trente Ans, que des circonstances dans lesquelles Brahms cette pièce – il avait finalement pris conscience de l’impossibilité de soigner son ami Robert Schumann.